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  Le Prophète -que Dieu prie sur lui et le salue- invoquait Dieu par ces mots: "0 celui qui tourne les cœurs, affermis mon cœur sur ta foi". On l'interrogea (sur le sens de ces mots) -Il n'y a pas un être humain, répondit-il, sans que son cœur ne soit entre deux doigts de Dieu. Dieu affermit ce cœur (sur le chemin droit) à qui Il veut, et il le détourne à qui Il veut". (Rapporté par Al-Tinnizi d'après Oum Salam -que Dieu l'agrée-).             






Abou Abdoullah Khabbab ibn al-Aratt

 
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MessagePosté le: Mer 18 Juin - 19:34 (2008)    Sujet du message: Abou Abdoullah Khabbab ibn al-Aratt Répondre en citant

Abou Abdoullah Khabbab ibn al-Aratt appartenait à la grande tribu arabe des Banou Tamim. Il faisait partie de ces compagnons du Prophète (paix et bénédictions d’Allah soient sur lui) qui avaient abandonné tout ce qu’ils avaient de plus cher pour la cause de l’islam et qui avaient le plus souffert aux mains des ennemis d’Allah.

L’histoire ne nous fournit aucune information sur la façon dont il fut réduit à l’esclavage et vendu à la Mecque, avant l’islam. C’est Oumm al-Anmar, la fille de Sabaa, qui l’avait acheté. Mais selon d’autres historiens, il avait plutôt été acheté par Outba bin Hadhwan, information qui semble cependant inexacte parce qu’il s’agissait d’un autre Khabbab qui avait été acheté par Outba, et non Khabbab ibn al-Aratt ; certains historiens auraient donc confondu les deux.  

À la Mecque, Khabbab ibn al-Aratt travaillait comme forgeron. Il fabriquait des épées et s’assurait de bons revenus en les vendant. Il menait donc une vie paisible avant d’embrasser l’islam. Un jour, il entendit parler du message prêché par le Prophète (paix et bénédictions d’Allah soient sur lui) ; il alla le voir et après avoir discuté avec lui, embrassa l’islam sans hésitation. Seules cinq personnes avaient déjà accepté l’islam avant lui: Khadija, Abou Bakr Siddiq, Ali, Zaid bin Haritha et Abou Dharr al-Ghifari. C’est ainsi que Khabbab reçu le surnom de « Sadisoul-islam », i.e. le Sixième de l’Islam. Il compte également parmi ceux qu’on avait appelés « as-Sabeqoun al-Awwaloun », i.e. les Premiers Musulmans.  

Mais, dû aux conséquences qui en découlaient inévitablement, accepter l’islam, à cette époque, n’était guère facile ; celui ou celle qui devenait musulman(e) s’exposait à des souffrances et à des tourments indescriptibles. Même pour ceux qui pouvaient compter sur l’appui de leur famille et de leurs amis, la situation restait tendue et dangereuse. Khabbab, cependant, ne craignit jamais de souffrir dans le sentier d’Allah, en dépit du fait qu’il était un étranger et un esclave à la Mecque et qu’il ne pouvait donc compter sur l’appui de personne aux heures difficiles. Bien qu’il fût seul au monde et délaissé de tous, il sentit qu’il ne pouvait dissimuler sa nouvelle foi. Et dès qu’il eût déclaré publiquement qu’il était devenu musulman, les infidèles l’attaquèrent de tous côtés.  
Ils l’attaquèrent avec une cruauté dont on ne retrouve guère d’équivalent dans toute l’histoire de l’humanité. Les gens de Qouraish le déshabillaient, plaçaient son corps directement sur le feu et le surmontaient d’une énorme pierre ou alors parfois, un homme de forte corpulence s’assoyait sur sa poitrine de façon à ce qu’il ne puisse pas se tourner pour sauver son dos du feu. Khabbab (radhia Allahou anhou), étendu sur le feu, impuissant, demeurait patient et ne prononçait d’autre parole que le nom d’Allah.  

Cette torture inhumaine continua pendant longtemps. Un jour, il vint voir le Prophète (paix et bénédictions d’Allah soient sur lui) qui, à cette époque, demeurait à l’intérieur de la Kaaba et lui dit : « Ô Messager d’Allah, pourquoi ne pries-tu pas Allah pour moi ? »  

À ces paroles, le Prophète (paix et bénédictions d’Allah soient sur lui) se redressa et lui dit : « Avant toi, dans le passé, il y a eu des gens à qui on a arraché la peau du corps au point où l’on ne voyait plus que leurs os, leurs muscles et leurs veines et malgré cela, leur foi n’en a pas été ébranlée. Ils ont été torturés sans pitié, on leur a coupé des membres à la scie, mais jamais ils n’ont renié la religion d’Allah. La religion d’Allah subsistera et tu verras, un jour, les gens voyageront de Sanaa à Hadhramaut sans rien craindre à part Allah. » Ces paroles du Prophète (paix et bénédictions d’Allah soient sur lui) remontèrent le moral de Khabbab et il retourna chez lui entièrement satisfait et plus confiant que jamais.  

La maîtresse de Khabbab, Oumm al-Anmar, était une femme particulièrement cruelle. Comme les autres, elle le martyrisait à cause de sa nouvelle religion. Elle le forçait à porter des armures et parfois, elle l’enchaînait, l’obligeait à s’étendre sur le sable brûlant du midi et le marquait au fer rouge sur la tête. Le Prophète (paix et bénédictions d’Allah soient sur lui), qui était au courant des tourments infligés à Khabbab par Oumm al-Anmar, était profondément attristé de sa situation et tentait de le consoler du mieux qu’il pouvait. Et lorsque cette femme sans cœur apprenait que le Prophète (paix et bénédictions d’Allah soient sur lui) avait consolé Khabbab, elle le torturait encore plus cruellement. Ses tortures en vinrent à dépasser toutes limites ; alors un jour, Khabbab vint voir le Prophète (paix et bénédictions d’Allah soient sur lui) et lui demanda de prier pour lui. Alors le Prophète (paix et bénédictions d’Allah soient sur lui) dit : « Ô Allah, aide Khabbab. »  

Les historiens rapportent qu’après cette invocation du Prophète (paix et bénédictions d’Allah soient sur lui), Oumm al-Anmar éprouva un terrible mal de tête qui devint si aigu qu’elle se mit à aboyer comme une chienne. Les médecins consultés suggérèrent comme seul traitement possible qu’elle soit marquée au fer rouge sur la tête. Réduite à l’impuissance totale, elle demanda à Khabbab de le faire. Mais ce traitement ne lui fit aucun bien et elle finit par mourir dans un état de grande agitation.  

Les infidèles, non satisfaits de le torturer physiquement, se liguèrent pour lui causer des pertes financières. Un idolâtre du nom de Aas bin Waïle devait rembourser un prêt à Khabbab. Lorsque ce dernier lui demandait le remboursement, il lui répondait : « Tant que tu n’abandonneras pas la religion de Mohammed, je ne te ferai aucun paiement. » Alors Khabbab répondait : « Je ne renierai pas la religion de Mohammed (paix et bénédictions d’Allah soient sur lui) à moins que tu ne meures et que tu ressuscites en ce monde, parmi nous. » Ce à quoi Aas répondait : « Alors attends que je meure et que je revienne en ce monde pour pouvoir profiter de mon bien. »  

Cette déclaration de Aas était en fait une remarque sarcastique contre la croyance des musulmans dans l’au-delà. Dans Sahih Boukhari, on rapporte que les versets coraniques suivants furent révélés en réplique à cette remarque de Aas :
« As-tu vu celui qui ne croit pas à Nos versets et dit : « On me donnera certes des biens et des enfants » ? Est-il au courant de l’Inconnaissable ou a-t-il pris un engagement avec le Tout Miséricordieux ? Bien au contraire ! Nous enregistrerons ce qu’il dit et accroîtrons son châtiment. C’est Nous qui hériterons ce dont il parle, tandis qu’il viendra à Nous tout seul (sans ses biens ni ses enfants). » (19 :77-80)  

Khabbab (radhia Allahou anhou) avait appris le Coran dès le tout début de la révélation. Certains historiens le relient aux circonstances entourant la conversion à l’islam de Omar (radhia Allahou anhou).  

En effet, à l’époque où le Prophète (paix et bénédictions d’Allah soient sur lui) avait trouvé refuge, en compagnie de trente-neuf compagnons, chez al-Arqam (radhia Allahou anhou), Khabbab enseignait le Coran à Saïd bin Zaid (radhia Allahou anhou) et à sa femme, Fatimah bint Khattab (radhia Allahou anha), la sœur de Omar. Le jour où Omar, ayant appris que sa sœur et son beau-frère avaient embrassé l’islam, se rendit chez eux pour les fustiger, Khabbab s’y trouvait. Lorsqu’il entendit Omar arriver, il se cacha dans une chambre. Omar, après avoir insulté et frappé sa sœur et son beau-frère, se calma et leur demanda de lui réciter quelques versets du Coran. Ils lui récitèrent quelques versets de la sourah Ta-Ha. Ces versets troublèrent le cœur d’Omar et il s’écria : « Sans aucun doute, ces paroles ne peuvent être que celles du Créateur. Laissez-moi aller chez Mohammed ; je veux embrasser l’islam. » Sa sœur lui dit : « Omar, hier soir (c’est-à-dire au cours de la nuit de jeudi à vendredi), le Prophète (paix et bénédictions d’Allah soient sur lui) a prié Allah, disant : « Ô Allah, renforce l’islam par l’un des deux Omar. », et je crois bien qu’Allah t’a choisi pour cette tâche. »  

Après cela, Omar se rendit chez al-Arqam, où se trouvait le Prophète, et il embrassa l’islam.
Pendant des années, à la Mecque, Khabbab (radhia Allahou anhou) eut à endurer beaucoup de tourments et d’affliction, jusqu’à ce que l’ordre d’émigrer soit donné. Lorsque cet ordre fut révélé par Allah, il émigra à Médine. Mais, ainsi qu’il l’a lui-même déclaré, ce n’est pas par peur des tortures et des persécutions des infidèles qu’il émigra, mais uniquement pour la satisfaction d’Allah. À Médine, le Prophète (paix et bénédictions d’Allah soient sur lui) en fit le frère musulman de Tamim, mais selon d’autres historiens, il devint plutôt le frère musulman de Joubair bin Atik.  

Lorsque les guerres saintes commencèrent, Khabbab prit part, aux côtés du Prophète (paix et bénédictions d’Allah soient sur lui), à toutes les batailles et il combattit vaillamment pour la cause de l’islam. Il participa aussi au Jihad au cours des règnes des quatre califes.  

Khabbab était assidu à l’apprentissage des enseignements du Prophète (paix et bénédictions d’Allah soient sur lui). Un soir, il se rendit chez le Prophète (paix et bénédictions d’Allah soient sur lui) et le trouva entrain de prier. Il attendit donc que le Prophète termine sa prière. Mais il dut attendre toute la nuit, car ce dernier ne termina sa prière qu’à l’aube. Dès qu’il eût terminé, Khabbab dit : « Ô Messager d’Allah, que mes parents soient sacrifiés pour toi. Je ne t’avais jamais vu prier pendant si longtemps. » Le Prophète (paix et bénédictions d’Allah soient sur lui) lui répondit : « C’était la prière de la Crainte et de l’Espoir. J’ai demandé trois choses à Allah pour ma oummah : deux m’ont été accordées, alors que la troisième m’a été refusée. » Au sujet de ces deux choses qui lui avaient été accordées, le Prophète poursuivit : « La première est que l’ennemi ne me vainque pas et la deuxième, que ma oummah ne soit jamais détruite par un châtiment divin tel que ce fut le cas des nations du passé. »  

Omar ibnal-Khattab et les autres compagnons du Prophète (paix et bénédictions d’Allah soient sur lui) avaient un grand respect pour Khabbab. Durant le califat d’Omar, chaque fois que Khabbab allait le voir, Omar le faisait asseoir près de lui. Ibn al-Athir rapporte qu’un jour que Khabbab était assis à côté d’Omar, comme à l’habitude, ce dernier lui demanda de lui parler des tortures qu’il avait subies aux mains des idolâtres. Khabbab souleva sa chemise et montra son dos au calife. Celui-ci fut stupéfait de voir que tout son dos était blanc comme celui d’un lépreux ; en fait, il ne s’agissait pas de lèpre, mais des marques laissées sur sa peau par les flammes sur lesquelles les idolâtres le déposaient durant les premiers jours de l’islam. Après avoir montré son dos, il raconta ce qu’il avait vécu durant ces jours difficiles et tout ceux qui étaient présents se mirent à pleurer.  

En dépit de sa stature et du fait qu’il jouissait d’un rang des plus respectables au sein de l’islam, Khabbab était un homme des plus humbles. Une fois, alors qu’il était assis avec un groupe de compagnons du Prophète (paix et bénédictions d’Allah soient sur lui), certains lui demandèrent de leur ordonner d’accomplir des choses, mais il répondit poliment : « Qui suis-je pour vous enjoindre de faire des actes que je n’accomplis peut-être pas moi-même ? »  

Il arrivait à Khabbab de pleurer et de dire : « Nous avons émigré avec le Prophète (paix et bénédictions d’Allah soient sur lui) pour Allah, et notre récompense pour cela nous a été gardée auprès d’Allah. Par la suite, certains d’entre nous ont quitté ce monde et n’ont pu bénéficier des fruits de leurs sacrifices. Mousab a été fait martyr au cours de la bataille de Ouhoud dans un état de dénuement tel qu’il n’avait qu’une pièce de tissus pour son linceul. Cette pièce de tissu était si petite que ses pieds restaient découverts lorsque l’on en couvrait sa tête et que sa tête restait découverte lorsque l’on en couvrait ses pieds. Alors nous dûmes couvrir ses pieds avec de l’herbe, comme nous le dit le Prophète (paix et bénédictions d’Allah soient sur lui). Mais aujourd’hui, notre situation a bien changé. Les grâces d’Allah nous viennent aussi abondantes que la pluie, alors je crains qu’Il ne nous récompense pour nos misères qu’en ce bas monde. »  

Vers la fin de sa vie, Khabbab (radhia Allahou anhou) s’installa à Koufa. C’est là qu’en l’an 37 de l’Hégire, il tomba malade, souffrant de problèmes gastriques. Un jour qu’il en avait assez de souffrir, il dit : « Si le Prophète ne nous l’avait pas interdit, j’aurais demandé à Allah de prendre mon âme. »  

Durant sa maladie, des gens vinrent le visiter afin de prendre de ses nouvelles et certains lui dirent : « Abou Abdoullah, tu devrais être heureux d’être sur le point de retrouver, à la fontaine d’al-Kaouthar, ceux des compagnons qui ont quitté ce monde avant toi. »  

En entendant ces paroles, il se mit à pleurer et dit : « Par Allah, je n’ai pas peur de la mort. Vous avez parlé de ces compagnons qui sont morts sans avoir reçu de récompense ici-bas ; ils la recevront donc dans l’au-delà. Mais nous sommes restés ici après leur mort et nous avons tant reçu que je crains que notre récompense ne soit diminuée à cause des plaisirs dont nous avons déjà profité ici-bas. »  

On apporta son linceul peu avant qu’il n’expire. En le voyant, il dit, les larmes aux yeux : « Ce linceul est suffisamment grand, mais quand Hamza (radhia Allahou anhou) est mort, personne n’a pu trouver de linceul assez grand pour couvrir tout son corps, alors ses pieds furent recouverts avec de l’herbe. »  

Sa dernière volonté fut qu’on ne l’enterre pas dans la ville de Koufa, mais que l’on creuse sa tombe dans un espace ouvert à l’extérieur de la ville. Cette volonté fut respectée. Par la suite, les gens de Koufa se mirent à enterrer les membres de leurs familles au même endroit où l’on avait enterré Khabbab. Khabbab (radhia Allahou anhou) est mort à l’âge de 72 ans.  

Selon Moustadrak al-Hakim, Ali (radhia Allahou anhou) était présent à l’enterrement de Khabbab ; c’est d’ailleurs lui qui mena la prière funéraire. Mais l’historien ibn al-Athir n’est pas du même avis. Selon lui, Ali participait à la bataille de Siffain au moment de la mort de Khabbab. Alors quand il revint à Koufa (la capitale du califat d’Ali), il vit sept nouvelles tombes en banlieue de la ville. Il demanda : « De qui sont ces tombes ? Il n’y en avait aucune lorsque j’ai quitté la ville. »  

Les gens lui dirent : « Ô Amiroul-Mominine (Prince des Croyants), la première tombe est celle de Khabbab ibn al-Aratt, qui a été enterré ici suivant sa dernière volonté. Et les autres tombes sont celles de gens que l’on enterre ici à cause de la présence de celle de Khabbab. »  

Entendant cela, Ali se mit à pleurer et dit : « Qu’Allah bénisse Khabbab et soit miséricordieux avec lui. Il a embrassé l’islam de son plein gré, il a émigré pour Allah et a passé sa vie à faire le Jihad et à endurer toutes sortes de difficultés dans le sentier d’Allah. Allah ne rend jamais vaines les actions des gens vertueux. »  

Par la suite, Ali (radhia Allahou anhou) resta debout un long moment près de la tombe de Khabbab où il pria pour lui et pour ceux qui étaient enterrés près de lui.  

Les sacrifices et les vertus de Khabbab brilleront toujours d’un éclat éternel.  

Qu’Allah soit satisfait de lui. 
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MessagePosté le: Mer 18 Juin - 19:34 (2008)    Sujet du message: Publicité

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