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  Le Prophète -que Dieu prie sur lui et le salue- invoquait Dieu par ces mots: "0 celui qui tourne les cœurs, affermis mon cœur sur ta foi". On l'interrogea (sur le sens de ces mots) -Il n'y a pas un être humain, répondit-il, sans que son cœur ne soit entre deux doigts de Dieu. Dieu affermit ce cœur (sur le chemin droit) à qui Il veut, et il le détourne à qui Il veut". (Rapporté par Al-Tinnizi d'après Oum Salam -que Dieu l'agrée-).             






l'authentique comprehension de l'extinction dans le cheminement spirituel opposé a celui des innovateurs

 
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ADMIN SARAH
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MessagePosté le: Dim 19 Avr - 09:08 (2009)    Sujet du message: l'authentique comprehension de l'extinction dans le cheminement spirituel opposé a celui des innovateurs Répondre en citant

L’authentique compréhension de l’extinction dans le cheminement spirituel opposé à celui des innovateurs !
SHeikh al-Islâm Taqî ad-Dîn Abî al-’Abbâs Ahmad Ibn ’Abdel-Halîm Ibn ’Abdel-Sallâm Ibn Taymiyyah al-Harânî

mercredi 6 octobre 2004, par Ismaïl

BismiLLehi ar-Rahmâni ar-Rahîm
 
L’extinction [al-Fanâ] est de trois sortes :
 Une appartient aux [hommes] parfaits parmi les Prophètes et les rapprochés d’Allâh.
 Une autre à ceux qui cheminent parmi les rapprochés et les vertueux.
 Une autre encore aux hypocrites renégats anthropomorphistes [ceux qui ont tendance à concevoir la divinité à l’image de l’homme].
La première sorte [de « fanâ »] :
C’est l’extinction de la volonté pour ce qui est autre qu’Allâh, de sorte qu’on n’aime qu’Allâh et qu’on n’adore que Lui, qu’on ne se confie qu’à Lui et qu’on ne recherche rien d’autre que Lui. Tel est nécessairement le sens du dire de SHeikh Abî Yazîd lorsqu’il dit : « Je voudrais ne vouloir que ce qu’Il veut ! » ce qui veut dire l’amour et l’agrément, ce qui est voulu par la volonté religieuse [d’Allâh]. La perfection de l’adorateur consiste à vouloir, à aimer et à agréer que ce qu’Allâh agrée et aime - et qui est ce qu’Il a ordonné comme obligation ou préférence. [Cela consiste] à n’aimer que ce qu’Allâh aime, de même que les Anges, les Prophètes et les vertueux. Et tel est le sens de la parole d’Allâh :
« [...] Sauf celui qui vient à Allâh avec un cœur sain »
 [1]

[Un cœur pur] Il est dit : pur de ce qui est autre qu’Allâh ou de ce qui est autre que l’adoration d’Allâh, de ce qui est autre que la volonté d’Allâh ou autre que l’amour d’Allâh. Il s’agit d’un seul et même sens et que l’on nomme « al-Fanâ » ou que l’on ne nomme pas. Cela est le début de l’Islâm et sa fin, le [côté] intérieur de la religion et son extérieur.
La deuxième sorte [de « fanâ »] :
C’est « l’extinction » de la contemplation de ce qui est autre [qu’Allâh]. Ceci arrive à beaucoup parmi les itinérants du fait de l’extrême attirance de leur cœur au rappel d’Allâh vers son adoration et son amour, du fait notamment que leur cœur est trop faible à ne contempler que ce qu’ils adorent et de voir autre que ce qu’ils visent. Rien d’autre ne touche leurs cœurs, bien au contraire, il n’en ont pas conscience comme Allâh l’a dit :
« Et le cœur de la mère de Moïse devint vide. Peu s’en fallut qu’elle ne divulguât tout, si Nous n’avions pas renforcé son cœur pour qu’elle restât du nombre des croyants. »
 [2]

[Vide] Il est dit : vide de toute chose si ce n’est du souvenir de Mûssa. Ceci arrive souvent à ceux que quelques affaires obsèdent tel que l’amour et la peur. Une espérance qui fait que leur cœur reste détourné de toute chose en dehors de ce qu’ils aiment, de ce dont ils ont peur ou de ce qu’ils recherchent, à tel point que quand ils sont prit dans cette chose, ils n’ont plus conscience de rien d’autre.
Quand un tel [fait] s’avère être fort, celui qui vit ce « fanâ » [extinction] est absent par ce qu’il trouve [qui se manifeste pour cette personne] par le fait même de le trouver, et par ce qu’il contemple du fait de le contempler, par ce dont il se rappelle du fait de se rappeler, et par ce qui est connu de lui du fait de le connaître, jusqu’à que s’éteigne ce qui n’est pas, [c’est à dire] les créatures adoratrices d’autre que Lui, alors que demeure Celui qui est le Seigneur -Ta’âla. Ce qui est voulu, c’est la fin des créatures dans la contemplation de l’adoration et du rappel. Comme l’extinction pour ce qui est de les saisir et de les contempler. Et quand un tel [fait] s’avère être fort, cela affaiblit l’amant jusqu’à le secouer dans son discernement, et peut penser être son bien-aimé. Comme il est rapporté qu’un homme s’était jeté à la mer, et son amant(e) s’y était jetée aussi derrière lui - L’homme dit : « Moi je suis tombé, mais toi qu’est-ce qui t’a fait tombé derrière moi ? » Son amant(e) répondit : « J’ai été moi-même absent par toi, et j’ai donc pensé que tu étais moi ! »
Certains ont glissé à cet endroit et ont pensé qu’il y a union, que l’amant s’unit au bien-aimé au point qu’il n’y a plus de différence entre eux deux. C’est une erreur. Certes, au Créateur [Allâh] rien ne suffit en effet fondamentalement. Bien au contraire, rien ne suffit à rien quand deux choses se modifient, se corrompent, et que [de leur union] à tous les deux apparaît une troisième affaire qui n’est ni l’une ni l’autre, tel que s’unissent l’eau et le lait, l’eau et le vin et ce qui y ressemble. Les choses liées à la volonté, l’amour et la désapprobation s’uniront [par contre] et concorderont dans l’espèce liée à l’amour et à la désapprobation, l’un aimant ce que l’autre aime, l’un méprisant ce que l’autre méprise, agréant ce qu’il agrée, se fâchant de ce dont il se fâche, réprouvant ce qu’il réprouve, étant l’ami de ce dont il est l’ami et l’ennemi de ce dont il est l’ennemi. Et il y a dans toute cette « extinction » une déficience.
Les plus grands des alliés d’Allâh, tels que Abî Bakr, ’Umar, les tous premiers [croyants] parmi les Emigrés et les Auxiliaires ne tombèrent pas dans une telle « extinction ». De même pour ceux qui leurs étaient supérieurs parmi les Prophètes. Une telle chose n’est apparue qu’après les Compagnons. De même pour tout ce que cela [représente] en absence d’intelligence et de discernement, et qui ne peut être rejeté sur le cœur comme état de la foi. Et certes les Compagnons (radhiallâhu ’anhum) étaient bien trop parfaits, trop forts et trop fermes dans l’état de la foi pour que leur intelligence s’absente ou qu’il leur arrive des pertes de conscience, ou d’évanouissement, ou d’ivresse, ou d’extinction, ou d’extase ou de folie. Et de telles affaires ont débuté chez ceux venus après les Compagnons parmi les adorateurs de Bassora. Il y en avait parmi eux qui perdaient conscience en entendant le Qor’ân, et d’autres parmi eux mouraient, tel que Abî Djahîr adh-Dharîr et Zurârah Ibn Awfa un juge de Bassora.
Et tel a été le chemin de savants Soufis pour qui se produisaient cette extinction et cette ivresse à en affaiblir leur discernement, jusqu’à tenir des propos pour lesquels ils savaient, une fois retrouvé leur état normal, qu’ils s’étaient trompés. Et on raconte de telles choses sur Abî Yazîd par exemple ou sur Hussayn an-Nûrî, Abî Bakr ach-Chiblî et leurs semblables. Et parmi ceux qui n’y sont pas tombés [dans ces excès], il y a Abî Sulaymân ad-Dârânî, Ma’rûf al-Karkhî, Fudhayl Ibn ’Iyâdh et bien plus encore comme al-Djunayd et ses semblables, dont l’intelligence et le discernement les accompagnaient dans leurs états [spirituels], et ils n’avaient pas d’état d’extinction et d’ivresse ou ce qui y ressemble. Bien au contraire, dans leurs cœurs, il n’y avait rien d’autre que l’amour d’Allâh, Sa volonté et Son adoration. Il y a chez eux une science et un discernement d’une telle ampleur qu’ils contemplent les choses telles qu’elles sont. Plus encore, ils voient les créatures demeurer par le commandement d’Allâh, être administrées par Sa volonté, et répondre à Son appel et Lui être dévouées. Il y a en cela pour eux, une clairvoyance et un rappel, et leurs témoignages de ces choses est [pour eux] un support, un secours pour ce qui se trouve en leurs cœurs comme sincérité dans leur religion, comme dévouement de l’affirmation de Son unicité et comme adoration à Lui Seul sans qu’Il ait d’associé.
Voici donc « l’authentique réalité » avec laquelle le Qor’ân [Coran] a appelé les gens à l’authentique foi, les parfaits des gens du savoir. Notre Prophète (sallallahu ’alayhi wa sallam) était leur « Imâm » et le plus parfait d’entre eux. Voilà pourquoi lorsqu’il fut élevé vers les cieux, qu’il vit ce qui se trouvait là-haut comme signes et que lui furent révélées des sortes de confidences, il se trouva le matin parmi eux sans que son état ait changé et sans que cela n’apparaisse sur lui, à la différence de Mûssa (sallallahu ’alayhim wa sallam adjma’în) suite à sa perte de conscience.
La troisième sorte [de « fanâ »] :
C’est d’attester qu’il n’y a pas d’existant si ce n’est Allâh, que l’existence du Créateur est l’existence du crée et qu’il n’y a pas de différence entre le Seigneur et l’adorateur. C’est le « fanâ » [extinction] des gens de l’égarement et de l’hérésie qui tombe dans [les doctrines de] l’infusion et de l’association.
Lorsque l’un des savants de la voie droite dit : « Je ne vois rien d’autre qu’Allâh » ou « Je ne regarde vers rien d’autre qu’Allâh » et ce qui y ressemble, ce à quoi il fait référence [lorsqu’il dit cela] c’est : « Je ne vois pas d’autre Seigneur que Lui, et je ne regarde vers d’autre que Lui, que ce soit en l’aimant, en ayant peur ou en y mettant mon espérance. » Car certes, l’œil ne regarde que ce à quoi le cœur s’attache. Quiconque aime une chose, l’espère ou en a peur, se tourne vers elle. Si dans le cœur, il n’est point d’amour de cette chose, d’espérance en elle, de peur elle, d’aversion pour elle, d’autre forme d’attachement du cœur à elle, le cœur ne tend ni à se tourner vers elle, ni à regarder vers elle, ni à la voir. Et si on l’a voit [par hasard] sans plus, c’est comme si on voyait un mur ou autre chose vis-à-vis de laquelle on n’a point d’attachement dans son cœur.
Les savants vertueux (radhiallâhu ’anhum) rappellent une chose du dévouement de l’affirmation de l’Unicité d’Allâh et de la réalisation comme sincérité de toute la religion [à Allâh] : l’adorateur ne se tournera vers d’autres qu’Allâh et ne regardera vers rien d’autre que Lui, ni en l’aimant, ni en ayant peur, ni en y mettant son espérance. Le cœur, bien au contraire, sera vide des créatures, libre d’elles, et ne regardera vers elles que par la lumière d’Allâh. Ce n’est donc pas le réel qu’il entendra, pas le réel qu’il verra, pas le réel avec lequel il prendra et pas le réel avec lequel il marchera. Il aimera [de la créature] ce que Allâh aime et détestera ce qu’Allâh déteste, il sera l’ami de ce dont Allâh est l’ami et sera l’ennemi de ce dont Allâh est l’ennemi. Il aura peur d’Allâh en elles et non d’elles en Allâh ; il espèrera Allâh en elles et non d’elles en Allâh. Voilà le cœur pur, sincère, monothéiste par la connaissance des Prophètes et des Envoyés, par leur réalité et par leur monothéisme [...] [3]


http://www.manhajulhaqq.com/spip.php?article263



Notes
[1] Coran, 26/89
[2] Coran, 28/10
[3] Madjmu’ al-Fatâwa de Ibn Taymiyyah, 10/129-131
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